samedi 18 juin 2011

Se reconstruire…

J’ai toujours eu peur du bonheur, persuadée que je n’étais pas faite pour… Pourtant, depuis que je suis avec mon homme, les instants de bonheur s’enchainent. Nous formons un couple uni, nous avons une magnifique petite fille qui fait notre fierté et professionnellement, on n’a pas trop à se plaindre, même si mes aspirations vont bientôt (je l’espère) me mener vers d’autres projets. Toutefois, je reste toujours sur mes gardes attendant le truc qui va tout briser et bien sûr à force de s’imaginer des horreurs fatalement ça arrive.

J’ai besoin de parler, d’expliquer à Chéri pourquoi ça ne va pas, pourquoi j’ai perdu le sourire, pourquoi j’ai plus goût à rien, pourquoi je suis perdue… Ce midi donc, nous allons déjeuner au restaurant, un moment intime, histoire de se retrouver, d’être en terrain neutre et pouvoir peut-être me livrer si le moment s’y prête...

Le moment s’y prête. Je lui parle de mes doutes sur ma vie professionnelle, de ma peur de ne pas réussir ma carrière, de mon sentiment d’infériorité face à lui (qui réussit tout ce qui l’entreprend), de mes blessures d’enfance qui ne cicatrisent pas, de mon besoin de me faire accompagner pour trouver la paix intérieure, et de ma maladie qui gâche pas mal de chose en ce moment.

Cette foutue maladie qui me fragilise encore plus. Elle m’a changé physiquement d’abord, près de 10 kilos en moins sur une fille mince, ça donne une fille maigre et c’est loin d’être facile à assumer. Je ne me sens plus femme, plus désirable. Je ressemble à ces mannequins portes mentaux, juste bonne à défilé pour Chanel, sauf que je ne fais pas 1m70 et que je ne sais pas marcher avec des talons de plus de 8 cm. Du coup, je ne peux même pas me recycler. Le corps est le moyen de transport de l’âme. Et bien, je peux vous dire que mon âme est bien loin de voyager en première classe, en ce moment.

Et puis mentalement, ça m’a flinguée, en particulier quand j’ai reçu le protocole de prise en charge à 100% de l’assurance maladie, j’ai compris que j’étais malade pour de vrai. Ma maladie n’est pas grave,  elle est simplement à prendre au sérieux. Et, je sais que ma seule chance pour stabiliser la maladie (il n’existe pas de traitement de guérison pour le moment), c’est de positiver et d’avancer le plus sereinement possible dans ma vie.

Lors de ce déjeuner au resto, nous nous sommes retrouvés Chéri et moi. On n’a pu discuter, il m’a écouté, m’a rassuré, apaisé et m’a redit à quel point il m’aimait et qu’il était fier de tout ce dont nous étions en train de construire ensemble. Mais Il m’a également bien refait comprendre que lorsque je dérape trop : « une bonne fessée de temps en temps pour te recadrer, ça fait pas de mal ».

Je t’aime...

8 commentaires:

Stan/E. a dit…

"Je ressemble à ces mannequins portes mentaux,"... Le jeu de mot, involontaire ou non, est assez intéressant, je trouve... Du courage, je sais que tu n'en manques pas.

Céline a dit…

Ce n'est pas fait exprès. Je n'ai pas relu avant de publier mais il est vrai que c'est "intéressant".

Pour le courage, j'ai pas vraiment le choix. Et puis, on est tous courageux lorsque l'on vit des moments difficiles. C'est une question de survie, non ?

Greg a dit…

Le courage, cela s'apprend, cela s'apprivoise. Il faut juste s'y habituer, y aller étape par étape, vaincre les peurs insignifiantes d'abord, puis y aller crescendo, à son rythme, pour comprendre que finalement, tout est possible (ou presque tout !).
Et il y a parfois des petits riens qui peuvent être de vraies victoires.
C'est bête, mais je serais super fier le jour où, pour sortir d'un grand magasin - même avec un chariot plein -tu oseras emprunter le tapis roulant si pratique menant directement au parking sans dire 'Chérie, prends le caddie, moi j'ai peur'.
Je t'assure que tu n'as pas à avoir peur ma chérie ! C'est juste un tapis roulant. Et je suis sûre que des tas de gens pourront témoigner que ce n'est pas dangereux...
Courage ! (C'est la première étape...)

Sam a dit…

Céline, on ne se connait que par mots interposés, mais tu es très touchante dans ce que tu oses dire, dans tout ce que tu oses dévoiler ... et ça c'est un sacré courage ... assumer ses faiblesses, ses doutes, et bien il n'y a pas beaucoup de mode qui ose le faire ... et tu es de cette trempe ... alors sois fière de toi. Vraiment. Tu as un chéri qui te comprend, et qui sait agir quand il le faut, comme il te faut ... ton blog est une histoire d'amour ... tu as juste besoin de croire définitivement en toi ... et tu n'en es pas loin ... et puis n'oublie pas que nul n'est besoin d'être parfait, d'ailleurs c'est ennuyeux, la perfection, et ça n'existe pas ... l'important c'est de vivre tel que l'on est ... authentique ... et d'être indulgent envers soi-même ...

Emma a dit…

Chère Céline ,voilà un post qui me touche profondément , tu t'en doutes...le courage de faire face, oui , tu as raison , on a pas vraiment le choix... mais entre force et fragilité , tu as nettement , et malgré tes doutes , choisi la force , chère Céline , tu en rayonnes, quoique tu en penses. Et Lui est là pour alimenter cette force, la nourrir de son amour. Et Elle aussi , qui tient ton coeur dans ses petites menottes:)Vis à fond les moments présents , demain est un autre jour, tu sais . Un avenir , avec des découvertes et des avancées scientifiques qui t'apporteront peut- être une solution. Aies confiance.:)
Je t'envoie plein de bisous:)
Emma

Elea a dit…

Chère Céline,
Ce texte est très touchant.
Sam a raison : assumer ses faiblesses et en parler, c'est déjà un énorme pas !
Je suis désolée pour ta maladie, j'espère que les choses vont évoluées dans le bon sens pour toi.
Cela étant, tu es divinement bien entourée, l'amour que te porte Greg est infini et c'est tout simplement le plus important dans ta vie. Tu n'es pas seule, tu es aimée, ta petite fille se porte bien...J'espère que ces mauvais passages ne resteront que des mauvais souvenirs dans votre avenir.
Bon courage !

Céline a dit…

Merci pour vos messages qui me vont droit au cœur. Malgré des moments douloureux, j’entame une phase positive avec pleins de projets qui me tiennent à cœur et qui vont me permettre de m’épanouir pleinement.

Vous avez raison mon homme et ma fille sont une grande partie de ma force et c’est notamment pour continuer à les voir sourire et être fiers de moi, que je me bats.

Et je compte bien gagner contre tous mes démons !

Amazone a dit…

Tu es magnifique aussi dans tes questionnements. C'est aussi ce qui te fais toi. Tu as cette envie d'avancer et la première chose pour le faire, c'est d'avouer (s'avouer) ses faiblesses pour en avoir conscience et ensuite pas à pas, jour après jour, un petit projet par petit projet...et ta vie se transforme doucement mais sûrement.

Tu es accompagnée par un homme qui semble vraiment t'aimer. Ton cocon est ton refuge et aussi ton ouverture sur le monde. Reprendre conscience dans sa valeur. Commence par ce tapis roulant!!!! ça peut être symbolique pour tout le reste à venir!

Affectueusement.

 

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