Un sujet lancé il y a quelques jours (semaine ?) sur le forum DD "La discipline toujours d'actualité ?" m'a rappelé une histoire que j'ai vécue, pas vraiment en relation avec le thème évoqué sur le forum mais du coup, j'arrive plus à chasser ce mauvais souvenir de ma tête...
Il referme le livre après deux pages, c'est la fin de l'histoire érotique qu'il vient de me lire.
-"Je te raconterai la suite demain, dors bien !"
J'ai 19ans, je rentre en première année de fac et je viens de passer ma toute première soirée avec mon colocataire. Ce mec a quelque chose qui ne me laisse pas indifférente. Sûr de lui, il a dans le regard une lueur que je connais mais que malheureusement, je ne reconnaitrai que trop tard...
Pourtant, une heure auparavant, l'autre fille qui partage également l'appart est passé rapidemment pour me souhaiter la bienvenue et surtout me mettre en garde :
-"Prends le dessus sur lui et vite, sinon tu vas vivre un enfer."
Un enfer ? A l'échelle de ma jeune vie, vrai que cette année là n'a pas été une partie de plaisir. Mes limites, me mettre hors de moi, c'est ce qu'il a cherché à faire. Il a été à deux doigts d'y parvenir.
Son jeu favori avec les filles, les pousser à bout, les voir crier, pleurer, se débattre et j'en passe. Pour lui, c'était jouissif et pour arriver à ses fins, tous les moyens étaient bons. Je n'ai pas échapper à la règle et comme ma colocataire deux ans auparavant, il voulait voir de quoi j'étais capable. Elle a tenu 2 mois avant d'exploser et de lui coller une baffe après ça il a été un peu moins oppressant avec elle.
En particulier quand je suis arrivée, l'attrait de la nouveauté l'attirant plus. Je lui ai vite dit qu'il n'y arriverait pas avec moi. Pas mon style, de frapper, hurler ou de me débattre pendant des heures. Ca l'a amusé de me voir si sûre de moi et il s'est juré de me faire craquer rapidemment.
Au point de départ, il était juste étouffant. On aurait dit qu'il se prenait pour mon père, j'étais sous surveillance jour et nuit. Il connaissait mon planning par coeur, vérifiait mes cours, mes fréquentations, s'incrustait lors de soirées...
N'arrivant à rien, il est passer à la phase deux. Sur la table du petit déjeuner, ce n'était le traditionnel pain-buerre-confiture que je pouvais trouver mais des oiseaux morts. Le soir, il démontait la porte de ma chambre (car il détestait que je ferme à clé) et restait pendant des heures à me regarder, ou bien à la veille d'un partiel, il laissait sa télé allumé le volume à fond jusqu'au petit matin.
Plus d'une fois, j'ai failli craquer en me disant qu'après je serais tranquille mais en fait j'avais pas la force de me rebeller et le peu de fois où je le faisais, je voyais cette fameuse lueur qui me faisait prendre conscience à quel point il aimait ça ! Ca me dégoutait encore plus.
Je rentrais de moins en moins souvent à l'appart mais ce n'était pas la bonne solution. Cela le rendait encore plus cinglé. Du coup, il est passé à la phase 3, la phase ultime, le point de non retour.
...
Je sors de la douche ne sachant pas à quelle heure il va rentrer, j'ai pris la peine d'enfiler mon jeans et t-shirt. Il est là dans la cuisine, il ne dit pas un mot, il me suit du regard jusqu'à ce que je rentre dans ma chambre. J'ai peur... Je ne ferme pas la porte, histoire de ne pas le contrarier et finis de me préparer. Au moment où je m'apprète à sortir, il est derrière moi. Je sens son souffle et sa main sur ma nuque. Je fais un geste brusque pour me dégager mais me retrouve vite au sol.
-"Je suis sûr que tu vas crier"
Quel con, je n'ai qu'une envie c'est de lui cracher à la gueule ! Sauf que si je fais ça, il n'y a pas que mes poignets qui auront des bleus. Je me débats et essaie de me dégager de son emprise. J'arrive à atteindre la cuisine et même à me relever mais pas assez longtemps. Ma tête heurte le carrelage, je lutte encore mais je suis épuisée, j'ai mal partout.
Il sourit, ses yeux brillent, il a quasiment gagné. Je n'arrive pas à me détacher de ce regard. Je revis des moments de mon enfance bien plus douloureux que celui-là et je lâche totalement prise. Je ne suis plus qu'une poupée désarticulée, je ne me débats plus, je ne pleure plus, je ne dis plus rien, je suis comme morte et c'est ce qui va me sauver.
Il desserre son emprise, me dit quelque chose dont je ne me souviens plus et sors de l'appartement. Je ne sais pas combien de temps je suis restée là, allongée sur le carrelage de la cuisine, le corps meurtri.
Mais après cet épisode, il ne sait plus jamais approché de moi. Le soir de mon départ, il m'a seulement dit sans une once de remords :
- "T'es bizarre comme fille, c'est la première fois que je vais aussi loin et que je perds. Bravo, t'as gagné !"
A la fin de cette année là, j'avais plutôt l'impression d'avoir tout perdu, incapable de me rebeller, de lui tenir tête, de m'affirmer. Il m'avait anéantie.
Je ne l'ai jamais revu. L'année d'après, je pris mon propre appart et me tena assez éloigné de tout ce qui se rapprochait de près ou de loin à un homme. Le temps de me reconstruire....